Petits meurtres et faits divers
Autant les amateurs de " loups-garous " que ceux de Carabistouille se réjouiront ! Pour la fin du mois de mai 2007 sortira un jeu de bluff et de paroles que nous avons déjà testé pour notre plus grand plaisir.

Petits meurtres et faits divers nous a d'ailleurs été concocté par un des deux auteurs du jeu des Loups-garous de Thiercelieux, Hervé Marly Cette fois, nous tombons pieds joints dans une intrigue policière qui se renouvelle à chaque partie. Tantôt c'est un crime (un androïde coupable d'un massacre à la tronçonneuse), tantôt un fait divers teinté d'humour noir (….).

Un des joueurs endosse le rôle de l'inspecteur et tient en main un carnet qui l'informe sur le meurtre ou le fait divers, le nom des suspects et quelques indices qui peuvent le guider. Outre un greffier, les autres joueurs sont donc des suspects. Parmi eux, un coupable qui seul sait qu'il l'est. Chaque suspect reçoit, en effet, un carnet qui le renseigne sur deux choses essentielles : d'une part, s'il est innocent ou non et, d'autre part, comment marquer clairement par trois mots son innocence ou sa culpabilité.

Interrogés un à un

Ainsi, quand les suspects, un à un, seront interrogés, chacun devra placer dans ses réponses 3 mots précis: par exemple, fascination, fragile, chaos. Seul le coupable possède une liste de mots différents : par exemple, philosophie, attente et comportement. Le rôle du greffier est précisément de veiller à ce que les mots aient été prononcés durant l'interrogatoire.

Le jeu se joue par interrogatoires successifs qui se révèlent être autant d'improvisations. L'inspecteur accorde une minute à chaque joueur pour sa défense, le relançant sans cesse par des questions. En jouant, très vite, le coupable essaie - autant que l'inspecteur - de repérer les mots " obligatoires " des innocents afin de les placer lui-même dans ses propres réponses en plus de ses propres mots.

Un jeu de comédie et d'impro qu'on ne traverse qu'en se relâchant pour pouvoir broder des réponses abracadabrantes qui permettent de placer des mots qu'on ne prononce parfois pas 5 fois sur une année. Les suspects ont, de plus, tous une fonction ou un métier… ce qui permet à chacun de partir d'un cadre. Nous avons bien ri en écoutant celui qui jouait le rôle du psychiatre et qui visitait des expositions sur l'intemporel et les artistes les plus hermétiques du siècle…

Inspecteur crédible ?

Quand les interrogatoires sont terminés - et qu'on a beaucoup ri en écoutant la verve et les trouvailles dont chacun fait preuve -, l'inspecteur doit accuser un des suspects. Son acte d'accusation est précédé d'un avis qui permet aux joueurs de déclarer ou non leur confiance en l'inspecteur. Je vous passe le détail du mécanisme mais il est intéressant car les suspects peuvent gagner des points en appréciant la manière dont le coupable s'est défendu.

Seul le greffier occupe durant le tour de jeu un rôle dénué d'humour : par sa distribution des carnets, il veille à la présence d'un coupable si on joue à moins de 5 suspects et suit les conversations avec attention pour pouvoir établir que les mots secrets ont bien été prononcés. C'est cependant une tâche qu'on se partage à tour de rôle car une partie de Petits meurtres et faits divers se joue au moins en 3 ou 4 manches, chacune d'une dizaine de minutes. Le matériel, pour ceux qui le joue pour la première fois, en ajoute à l'ambiance : chacun reçoit un agenda dont les pages sont celles d'un calendrier. Car c'est toujours à une date précise que le fait divers a eu lieu et que chacun trouve les indices d'une nouvelle et grande partie de plaisir !