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AQUARETTO ZOOLORETTO |
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Avec la gueule très aguichante d'un panda
en gros plan sur le couvercle de sa boîte, l'éditeur Abacus
mettait toutes les chances de son côté pour séduire
un public familial avec le jeu Zooloretto qui recevait en juillet
2007 le prix du meilleur jeu allemand de l'année (1). Les joueurs
y gèrent des zoos et tentent de les rendre attractifs de diverses
manières : par la grandeur des troupeaux qu'on peut y voir, par les
naissances de bébés qui attirent beaucoup de monde et par
l'installation de kiosques qui permettent au public de se détendre
en achetant boissons et friandises. Directement inspiré d'un jeu
de cartes antérieur du même auteur, Coloretto, le mécanisme
du jeu de Michael Schachtt fonctionne sur l'arrivée de camions qui
permettent d'améliorer les zoos des joueurs. Ces camions - aussi
nombreux que le nombre de joueurs (de 2 à 5) - sont vides en début
de round. Chacun dispose de 3 places que rempliront peut-être les
joueurs en y plaçant les tuiles qu'ils piochent sur le talon. Celles-ci
représentent tantôt un animal, tantôt une pièce
de monnaie, tantôt encore un kiosque. ![]() Chaque fois que son tour revient, le joueur doit prendre une décision : soit découvrir une nouvelle tuile et la poser sur un camion ; cette action ne lui permet pas d'acquérir ce qu'il pose ; soit décider qu'il ne pioche pas de tuile mais saisit le contenu d'un camion. Les camions n'appartiennent, en effet, à personne. Seul celui qui renonce à piocher une tuile, peut déclarer : ce camion, tel qu'il est chargé, m'intéresse et je le prends ! Par cette action, le joueur gagne tout ce qu'il y a dans le camion - peu ou beaucoup - et se retire du round en cours jusqu'au moment où tous les autres joueurs auront aussi acquis un camion. En règle générale, plus on prend tard un camion,
plus il est chargé. Mais ce n'est pas toujours un avantage car
si le camion apporte au joueur trop de nouvelles espèces animales,
ce dernier se retrouve embarrassé pour les caser dans son zoo.
Ses 3 enclos ne suffisent plus et il doit soit en acheter d'autres - ce
qui coûte cher -, soit caser les animaux en attente dans son étable
- ce qui risque de le pénaliser par des points négatifs
en fin de partie. AQUARETTO Les jeux primés reçoivent souvent une extension. L'éditeur exploite en cela la renommée d'un jeu à succès et tente ceux qui l'ont aimé. A priori, chacun devrait d'abord prendre de la distance et se demander s'il n'est pas plus intéressant - à budget égal ou légèrement supérieur - de se tourner vers un autre jeu. Certaines extensions remportent pourtant de francs succès. C'est certainement le cas de toutes celles qui se sont greffées sur Carcassonne - primé en 2001 - ou sur Les Colons de Catane - primé en 1995. Par conscience professionnelle, nous avons récemment testé la soit disante extension de Zooloretto (2), parue en 2008. Or, loin de nous décevoir, celle-ci - nommée Aquaretto (2) - nous a enchantés ! En réalité, ce n'est pas une extension mais bien un autre jeu de base fonctionnant sur le même mécanisme. Son lien avec Zooloretto est de pouvoir s'y ajouter, offrant ainsi aux accros un déploiement important de matériel sur la table, ce qui n'est pas vraiment nécessaire. Comme son nom l'indique, le zoo s'est transformé en univers aquatique et ce sont cette fois des pingouins, des ours polaires, des dauphins, des orques et bien d'autres mammifères marins qui peuplent les différents aquariums. Même mécanisme de camions qui arrivent sur la place publique et que les joueurs choisissent de remplir ou de prendre selon leurs désirs. Ce qui est neuf, en revanche, c'est la disparition des kiosques au profit de personnages qu'on reçoit quand on réunit des séries de 5 animaux semblables. Ceux-ci sont très intéressants et le joueur doit choisir leur affectation : au guichet du zoo s'il pense qu'il sera riche en fin de partie, à l'entretien des animaux si ses aquariums sont remplis d'animaux gourmands (tuiles avec le symbole du poisson), au dressage s'il trouve une place bien située pour son dompteur dans les enclos. Comme dans l'Age de Pierre (3) - un jeu incontournable de cette année 2008 -, l'acquisition et le placement de ces personnages vont créer des surprises finales qui ne manqueront pas de surprendre. Ils agissent comme des multiplicateurs qui rapportent de nombreux points de victoire inattendus. Encore qu'ici tout soit visible et que des joueurs attentifs devraient tenir compte de la manière dont un adversaire place ses personnages sur son plateau. Cette présence des personnages donne un souffle neuf au jeu et une vigueur merveilleuse, au point qu'à choisir entre Zooloretto et Aquaretto, je vous conseille d'opter plutôt pour le second qui, s'il est l'héritier du premier, le surpasse aisément en plaisir ludique. Shanghaien, du même éditeur Chez le même éditeur et du même auteur, nous trouvons encore un excellent jeu pour deux. Il s'appelle Shanghaien (2) et nous transforme en capitaines à la recherche d'équipages. A chaque tour de jeu, 6 cartes de matelots forment une rangée sur la table qui sépare les 2 joueurs en présence. Chaque carte appartient à une des 8 familles de matelots et affiche une valeur qui se situe entre 1 et 4. Pour gagner ces matelots, les joueurs font des combats de dés.
A tour de rôle, ils lancent 2 dés personnels et les placent
devant les cartes qui leur correspondent : un trois devant la troisième
de la rangée, un six devant la sixième de la rangée,
avec cette nuance importante que le premier à jouer choisit le
sens de la rangée. En fin de partie, un joueur ne reçoit la valeur des cartes d'une même famille que s'il est le seul à posséder des cartes de cette famille. Dans le cas où chaque joueur possède des cartes d'une même famille, le score est calculé tout autrement. Le plus fort reçoit en points la valeur des cartes de son adversaire. C'est un retournement de situation courant dans le jeu et chacun, dans un tel cas, aura tout intérêt à gagner de justesse pour que son score soit le plus haut possible. Shanghaien fait penser aux affrontements qu'on trouve dans Les Cités Perdues ou Shotten Totten de Rainer Knizia, sauf qu'ici les cartes d'attaque sont remplacées par des dés, ce qui donne une magie certaine au déroulement des parties. (Durée : 30 minutes) - Pascal Deru (1) Cette année, le prix allemand du meilleur jeu a été
octroyé à Keltis (Edition Kosmos) |
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